LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Ven 29 Jan - 19:34

LA PROSOPOPEE

prosopopée (n.f.)

1.(rhétorique)figure de rhétorique par laquelle on fait parler et agir la personne que l'on se propose d'évoquer.

synonymes

prosopopée (n.f.)

discours, évocation, harangue

dictionnaire analogique


propos tenu à l'oral[Classe]

figure de rhétorique[Classe]

comparaison[Classe]

allégorie[Classe]

discourir[Thème]

convaincre[Thème]

allégorie[Thème]

literature (en)[Domaine]

Text (en)[Domaine]

figure de rhétorique - être, incarner, incarner un personnage[Hyper.]

tropical (en) - personne, soi - cadavre, corps, dépouille - prosopopée - personnification[Dérivé]

discours[Classe]

figure de pensée (rhétorique)[Classe]

allégorie[Classe]

façon de parler, figure, figure de rhétorique, image, trope[Hyper.]

personnifier[Dérivé]

prosopopée (n. f.) [rhétorique]


le Littré (1880)

PROSOPOPÉE (s. f.)

1. Figure de rhétorique qui prête de l'action et du mouvement aux choses insensibles, qui fait parler les personnes soit absentes, soit présentes, les choses inanimées, et quelquefois même les morts.

• Quand on anime les choses, et qu'on les regarde comme des personnes par une figure qu'on appelle prosopopée, on y peut employer les termes qui conviennent aux personnes (DUCLOS Oeuvr. t. IX, p. 101)

• Ce traité [de la Providence, par Sénèque] finit par une prosopopée de Jupiter à l'homme vertueux ; elle est très éloquente (DIDER. Claude et Nér. II, 56)

2. Fig. et familièrement. Discours véhément, emphatique.

• Lorsqu'un noble plus gueux qu'Irus, Plus larron que Rodilardus, Et plus valeureux que Pompée, Pour vous emprunter dix écus Sur sa noblesse de bibus, Vous fait une prosopopée (DASSOUCY Aventures, ch. 3)

• L'audace du docteur, par ce discours frappée, Demeura sans réplique à ma prosopopée (BOILEAU Ép. XII)

• M. le Grand étala le mérite de Mlle d'Armagnac, sa tendresse pour elle, sa désolation de se voir sur le point de la laisser sans pain ; avec ces prosopopées, il eut pour elle une pension de 30 000 livres (SAINT-SIMON 339, 193)

ÉTYMOLOGIE

XVIe s.— Semblablement pourroit le medecin, ainsi desguisé en face et habits.... respondre à ceux qui trouveroient la prosopopée [mascarade] estrange.... (RAB. IV, Au card. de Chastillon.)— Si avoit il si belle façon à tenir ainsi sa réputation et sa prosopopée, comme l'on dit, que plusieurs ne s'en mescontentoient point (BRANT. Cap. franç. t. II, p. 296, dans LACURNE)

ÉTYMOLOGIE

Du grec, personne, visage et, faire.
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Ven 19 Mar - 22:56

Un article du Point qui me fait hurler de rire :

La crémation d'une personne en surpoids a été surfacturée à la dernière minute lors de la cérémonie funéraire à Montussan (Gironde) au motif que le défunt pesait plus que prévu, a-t-on appris vendredi auprès d'un de ses proches.

"Michel était un bon vivant. A sa mort, il voulait qu'on le brûle et qu'on passe à autre chose. S'il avait su qu'on ferait payer une surtaxe pour son poids, il aurait dit en riant: il faut faire un régime avant de mourir, ça coûtera moins cher". Sa belle-soeur, Chantal Correia, a raconté à l'AFP comment, lors des funérailles, le 9 mars, une personne des pompes funèbres lui a chuchoté: "Il y a un petit problème, il y a quinze kilos de plus (à facturer), il y a une surtaxe, il faudra passer au bureau pour régler ça".

Peu avant sa mort, le défunt pesait 125 kilos pour 1,75 mètre mais la famille avait annoncé 120 kilos aux pompes funèbres pensant que le disparu avait perdu du poids en une semaine de coma à l'hôpital. Les pompes funèbres avaient en conséquence estimé à 565 euros le prix de la crémation, selon Mme Correia.

"On nous a dit qu'on s'était trompé" et que le disparu pesait en fait 145 kilos et non 120, "il aurait pris du poids pendant son coma", a ajouté Mme Correia, précisant qu'au total, le cercueil pesait finalement 175 kilos.

Or le crématorium de Montussan, géré par les établissements Virgo de Périgueux, applique un tarif différent au-delà de 160 kilos cercueil compris et facture 830 euros pour la crémation.

"La crémation dure plus longtemps, la consommation de gaz est plus importante, on a plus de charges, c'est comme tout", explique une représentante des établissements Virgo.
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Dim 28 Mar - 19:47

GEORGES CLEMENCEAU : citations

Un proche collaborateur de Georges Clemenceau venait de mourir. Un candidat à la succession lui dit: - - «Je suis tout prêt à prendre sa place. - - Entendu! Vous n'avez qu'à vous arranger avec les pompes funèbres!»
La plus petite unité de mesure de poids, c'est le milligramme, la plus petite unite de mesure de volume, c'est le millilitre, la plus petite unite de mesure de l'intelligence, c'est... le militaire!

Il faut d'abord savoir ce que l'on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l'énergie de le faire.
La France est un pays extrêmement fertile: on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts.
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Ven 9 Avr - 11:10

FLAUBERT : BOUVARD ET PECUCHET

Bouvard et Pécuchet

« Tout cela dans l'unique but de cracher sur mes contemporains le dégoût qu'ils m'inspirent ».

Résumé

S'étant rencontrés par hasard, deux copistes, Bouvard et Pécuchet, se sont liés d'amitié. Un héritage imprévu leur permet de réaliser leur rêve : se retirer à la campagne, dans une propriété qu'ils comptent exploiter eux-mêmes. Mais c'est l'échec.

Voulant en comprendre les causes, ils se lancent tour à tour dans l'étude de chacune des sciences, puis dans l'archéologie et dans l'histoire, avant de se tourner vers la littérature, la politique, la gymnastique, et de vouloir comprendre l'amour, la magie, la philosophie, la religion et l'éducation.

Leur quête inlassable ayant à chaque fois tourné à la catastrophe, ils décident finalement de se remettre à la copie, et de constituer ainsi un florilège des bêtises de l'humanité.

L'écriture de Bouvard et Pécuchet



« Sacré nom de Dieu ! il faut se raidir et emmerder l'humanité qui nous emmerde ! Oh ! je me vengerai ! je me vengerai ! Dans 15 ans d'ici, j'entreprendrai un grand roman moderne ou j'en passerai en Revue ! »

A Louise Colet. 28 juin 1853.



« Je sens contre la bêtise de mon époque des flots de haine qui m'étouffent. Il me monte de la merde à la bouche, comme dans les hernies étranglées. Mais je veux la garder, la figer, la durcir. j'en veux faire une pâte dont je barbouillerais le XIXe siècle, comme on dore de bougée de vache les pagodes indiennes. »

A Louis Bouilhet. 30 septembre 1855.
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Dim 9 Mai - 23:13

Balthazar Salve dimanche 9 mai | 13:26

J'entends sourdre les hourvaris et les régurgitations de vox dei à propos des syndicats et de leurs droits de grève, et qui, je le rappelle néanmoins, restent constitutionnels. En tout cas pour le moment, encore. Je rappelle également que le syndicalisme demeure à la fois un contre-pouvoir à la politique de désocialisation et de remise en cause du droit du travail, et un partenaire amené à légitimer les orientations entrepreneuriales, facteurs déclenchant de compétitivités et d'améliorations de l'outil de travail et des conditions qui en découlent. Je n'ai pas de sympathie particulière pour l'un ou l'autre leader syndical, et je comprends tout à fait les gênes (doux euphémisme) occasionnées aux usagers des transports en commun en général et qui sont empêchés de se rendre sur leurs lieux de travail - forcés de prendre une ou deux journées de congé - et autres liens économiques, entreprises, commerces... Mais à lire tant d'imprécations de haine (possiblement justifiées), il me semble que nombreux parmi les intervenants ne rencontrent pas les mêmes problèmes. Pour répondre @Aimable, le syndicalisme au sein du privé, notamment dans les PME, est quasi persona non grata. De plus, il ne faut pas limiter la grève à la seule défense des acquis sociaux des fonctionnaires ! Enfin, pour satisfaire quelques critiques, les fora ne sont pas traditionnellement le pré-carré des travailleurs aux salaires d'airain, de la contrainte et de la pénibilité. Ceci expliquant cela. B.
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Lun 24 Mai - 12:59

Rimes orphelines

Il existe de nombreux mots français qui ne riment avec aucun autre mot français existant. On peut citer (liste non exhaustive) : "simple", "pauvre", "humble", "meurtre", "monstre", "quatorze", "quinze", "belge", "goinfre", "muscle", "dogme", "tertre", "girofle", "sépulcre", "sarcle", "bulbe", "camphre", "sanve", "verste", "clephte", etc...On peut rattacher aux rimes orphelines le subjonctif « perde » car le seul mot capable de rimer avec lui est normalement banni dans la bonne société. (m....). Sacha Guitry s'est servi de cette particularité pour écrire une pièce en vers, " Le Mot de Cambronne". Il va de soi que l'oreille du spectateur attend l'arrivée du fameux « perde », qui annoncera l'arrivée de son collègue malséant.
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Ven 11 Juin - 11:36

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, né le 24 janvier 1732 à Paris où il est mort le 18 mai 1799, était un écrivain, journaliste, dramaturge, éditeur, horloger, inventeur, musicien, politicien, espion, vendeur d'armes, révolutionnaire (pour la France et pour les États-Unis) et fut l’une des figures emblématiques du Siècle des Lumières.


Les femmes sont comme les girouettes : quand elles se fixent, elles se rouillent.

L'usage est souvent un abus

L'ennui n'engraisse que les sots

La sottise et la vanité sont compagnes inséparables.

«Quand le déshonneur est public, il faut que la vengeance le soit aussi.»

«Après le bonheur de commander aux hommes, le plus grand honneur n’est-il pas de les juger ?»


«Aux vertus qu'on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets ?»


«Vouloir du bien à une femme, est-ce en vouloir à son mari ?»


«Tu te croyais laide ; mais si tu savais comme le plaisir pare pour une femme !»


«Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce que l’on ignore... voilà toute la politique.»


«Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur.»


«La difficulté de réussir ne fait qu’ajouter à la nécessité d’entreprendre.»


«On ne s’intéresse guère aux affaires des autres que lorsqu’on est sans inquiétude sur les siennes.»


«En toute espèce de biens, posséder est peu de chose ; c’est jouir qui rend heureux.»


«Fiez-vous à tout le monde, et vous aurez bientôt à la maison une bonne femme pour vous tromper, de bons amis pour vous la souffler et de bons valets pour les y aider.»

«La femme la plus aventurée sent en elle une voix qui lui dit : “Sois belle si tu peux, sage si tu veux, mais sois considérée, il le faut”.»


«Les maximes constituent la sagesse des nations.»


«Il y a souvent très loin du mal que l'on dit d'un ouvrage à celui qu'on en pense.»


«Quand le déshonneur est public, il faut que la vengeance le soit aussi.»


«On n'est compatissant que pour les maux qu'on éprouve soi-même.»


«Boire sans soif et faire l'amour en tout temps, il n'y a que ça qui nous distingue des autres bêtes.»


«Qu'avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus.»


«Ce n'est rien d'entreprendre une chose dangereuse, mais d'échapper au péril en la menant à bien.»


«En amour, les jeunes paient pour ce qu'ils font, les vieux pour ce qu'ils ne font pas.»


«Quant on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur.»


«Aujourd'hui, ce qui ne vaut pas la peine d'être dit, on le chante.»


«Pour gagner du bien, le savoir-faire vaut mieux que le savoir.»

«On est meilleur quand on se sent pleurer. On se trouve si bon après la compassion !»


«En art il n'est pas nécessaire de comprendre les choses pour en discuter.»


«La jalousie n'est qu'un sot enfant de l'orgueil, ou c’est la maladie d’un fou.»

«Une bourse d'or me paraît toujours un argument sans réplique.»


«En fait d'amour, vois-tu, trop n'est pas même assez.»


«Toute vérité n'est pas bonne à croire.»


«Médiocre et rampant on arrive à tout.»

«Coeurs sensibles, coeurs fidèles Qui blâmez l'amour léger. Si l'amour porte des ailes N'est-ce pas pour s'envoler ?»


«En occupant les gens de leur propre intérêt, on les empêche de nuire à l'intérêt d'autrui.»


«Dans le vaste champ de l'intrigue, il faut savoir tout cultiver, jusqu'à la vanité d'un sot.»


«Prouver que j'ai raison serait accorder que je puis avoir tort.»


«Pour obtenir une femme qui le veut bien, il faut la traiter comme si elle ne le voulait pas.»


«Le désir nous met au pied des femmes, mais, à son tour, le plaisir nous les soumet.»


«Ambitieux par vanité, laborieux par nécessité, mais paresseux... Avec délices !»


«On est toujours l'enfant de quelqu'un.»

«Ne pouvant avilir l'esprit, on se venge en le maltraitant.»


«Ce qu'on nomme passion n'est autre chose qu'un désir irrité par la contradiction.»


«Le théâtre est un géant qui blesse à mort tout ce qu'il frappe.»
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Mar 15 Juin - 15:56

CONTE DE MAUPASSANT :
L'ARMOIRE



On parlait de filles, après dîner, car de quoi parler, entre hommes ?
Un de nous dit :
- Tiens, il m'est arrivé une drôle d'histoire à ce sujet.
Et il conta.
- Un soir de l'hiver dernier, je fus pris soudain d'une de ces lassitudes désolées, accablantes, qui vous saisissent l'âme et le corps de temps en temps. J'étais chez moi, tout seul, et je sentis bien que si je demeurais ainsi j'allais avoir une effroyable crise de tristesse, de ces tristesses qui doivent mener au suicide quand elles reviennent souvent.
J'endossai mon pardessus, et je sortis sans savoir du tout ce que j'allais faire. Etant descendu jusqu'aux boulevards, je me mis à errer le long des cafés presque vides, car il pleuvait, il tombait une de ces pluies menues qui mouillent l'esprit autant que les habits, non pas une de ces bonnes pluies d'averse, s'abattant en cascade et jetant sous les portes cochères les passants essoufflés, mais une de ces pluies si fines qu'on ne sent point les gouttes, une de ces pluies humides qui déposent incessamment sur vous d'imperceptibles gouttelettes et couvrent bientôt les habits d'une mousse d'eau glacée et pénétrante.
Que faire ? J'allais, je revenais, cherchant où passer deux heures, et découvrant pour la première fois qu'il n'y a pas un endroit de distraction, dans Paris, le soir. Enfin, je me décidai à entrer aux Folies-Bergère, cette amusante halle aux filles.
Peu de monde dans la grande salle. Le long promenoir en fer à cheval ne contenait que des individus de peu, dont la race commune apparaissait dans la démarche, dans le vêtement, dans la coupe des cheveux et de la barbe, dans le chapeau, dans le teint. C'est à peine si on apercevait de temps en temps un homme qu'on devinât lavé, parfaitement lavé, et dont tout l'habillement eût un air d'ensemble. Quant aux filles, toujours les mêmes, les affreuses filles que vous connaissez, laides, fatiguées, pendantes, et allant de leur pas de chasse, avec cet air de dédain imbécile qu'elles prennent, je ne sais pourquoi.
Je me disais que vraiment pas une de ces créatures avachies, graisseuses plutôt que grasses, bouffies d'ici et maigres de là, avec des bedaines de chanoines et des jambes d'échassiers cagneux, ne valait le louis qu'elles obtiennent à grand-peine après en avoir demandé cinq.
Mais soudain j'en aperçus une petite qui me parut gentille, pas toute jeune, mais fraîche, drôlette, provocante. Je l'arrêtai, et bêtement, sans réfléchir, je fis mon prix, pour la nuit. Je ne voulais pas rentrer chez moi, seul, tout seul ; j'aimais encore mieux la compagnie et l'étreinte de cette drôlesse.
Et je la suivis. Elle habitait une grande, grande maison, rue des Martyrs. Le gaz était éteint déjà dans l'escalier. Je montai lentement, allumant d'instant en instant une allumette-bougie, heurtant les marches du pied, trébuchant et mécontent, derrière la jupe dont j'entendais le bruit devant moi.
Elle s'arrêta au quatrième étage, et ayant refermé la porte du dehors, elle demanda :
- Alors tu restes jusqu'à demain ?
- Mais oui. Tu sais bien que nous en sommes convenus.
- C'est bon, mon chat, c'était seulement pour savoir. Attends-moi ici une minute, je reviens tout à l'heure.
Et elle me laissa dans l'obscurité. J'entendis qu'elle fermait deux portes, puis il me sembla qu'elle parlait. Je fus surpris, inquiet. L'idée d'un souteneur m'effleura. Mais j'ai des poings et des reins solides. "Nous verrons bien", pensai-je.
J'écoutai de toute l'attention de mon oreille et de mon esprit. On remuait, on marchait doucement, avec de grandes précautions. Puis une autre porte fut ouverte, et il me sembla bien que j'entendais encore parler, mais tout bas.
Elle revint, portant une bougie allumée :
- Tu peux entrer, dit-elle.
Ce tutoiement était une prise de possession. J'entrai, et après avoir traversé une salle à manger où il était visible qu'on ne mangeait jamais, je pénétrai dans la chambre de toutes les filles, la chambre meublée, avec des rideaux de reps,. et l'édredon de soie ponceau tigré de taches suspectes.
Elle reprit :
- Mets-toi à ton aise, mon chat.
J'inspectais l'appartement d'un oeil soupçonneux. Rien cependant ne me paraissait inquiétant.
Elle se déshabilla si vite qu'elle fut au lit avant que j'eusse ôté mon pardessus. Elle se mit à rire :
- Eh bien, qu'est-ce que tu as ? Es-tu changé en statue de sel ? Voyons, dépêche-toi.
Je l'imitai et je la rejoignis.
Cinq minutes plus tard j'avais une envie folle de me rhabiller et de partir. Mais cette lassitude accablante qui m'avait saisi chez moi me retenait, m'enlevait toute force pour remuer, et je restais malgré le dégoût qui me prenait dans ce lit public. Le charme sensuel que j'avais cru voir en cette créature, là-bas, sous les lustres du théâtre, avait disparu entre mes bras, et je n'avais plus contre moi, chair à chair, que la fille vulgaire, pareille à toutes, dont le baiser indifférent et complaisant avait un arrière-goût d'ail.
Je me mis à lui parler.
- Y a-t-il longtemps que tu habites ici ? lui dis-je.
- Voilà six mois passés au 15 janvier.
- Où étais-tu, avant ça ?
- J'étais rue Clauzel. Mais la concierge m'a fait des misères et j'ai donné congé.
Et elle se mit à me raconter une interminable histoire de portière qui avait fait des potins sur elle.
Mais tout à coup j'entendis remuer tout près de nous. Ça avait été d'abord un soupir, puis un bruit léger, mais distinct, comme si quelqu'un s'était retourné sur une chaise.
Je m'assis brusquement dans le lit, et je demandai
- Qu'est-ce que ce bruit-là
Elle répondit avec assurance et tranquillité
- Ne t'inquiète pas, mon chat, c'est la voisine. La cloison est si mince qu'on entend tout comme si c'était ici. En voilà des sales boîtes. C'est en carton.
Ma paresse était si forte que je me renfonçai sous les draps. Et nous nous remîmes à causer. Harcelé par la curiosité bête qui pousse tous les hommes à interroger ces créatures sur leur première aventure, à vouloir lever le voile de leur première faute, comme pour trouver en elles une trace lointaine d'innocence, pour les aimer peut-être dans le souvenir rapide, évoqué par un mot vrai, de leur candeur et de leur pudeur d'autrefois, je la pressai de questions sur ses premiers amants.
Je savais qu'elle mentirait. Qu'importe ? Parmi tous ces mensonges je découvrirais peut-être une chose sincère et touchante.
- Voyons, dis-moi qui c'était.
- C'était un canotier, mon chat.
- Ah ! Raconte-moi. Où étiez-vous ?
- J'étais à Argenteuil.
- Qu'est-ce que tu faisais ?
- J'étais bonne dans un restaurant.
- Quel restaurant ?
- Au Marin d'eau douce. Le connais-tu ?
- Parbleu, chez Bonanfan.
- Oui, c'est ça.
- Et comment t'a-t-il fait la cour, ce canotier ?
- Pendant que je faisais son lit. Il m'a forcée.
Mais brusquement je me rappelai la théorie d'un médecin de mes amis, un médecin observateur et philosophe qu'un service constant dans un grand hôpital met en rapports quotidiens avec des filles-mères et des filles publiques, avec toutes les hontes et toutes les misères des femmes, des pauvres femmes devenues la proie affreuse du mâle errant avec de l'argent dans sa poche.
- Toujours, me disait-il, toujours une fille est débauchée par un homme de sa classe et de sa condition. J'ai des volumes d'observations là-dessus. On accuse les riches de cueillir la fleur d'innocence des enfants du peuple. Ça n'est pas vrai. Les riches payent le bouquet cueilli ! Ils en cueillent aussi, mais sur les secondes floraisons ; ils ne les coupent jamais sur la première.
Alors me tournant vers ma compagne, je me mis à rire.
- Tu sais que je la connais, ton histoire. Ce n'est pas le canotier qui t'a connue le premier.
- Oh ! si, mon chat, je te le jure.
- Tu mens, ma chatte.
- Oh ! non, je te promets !
- Tu mens. Allons, dis-moi tout.
Elle semblait hésiter, étonnée.
Je repris :
- Je suis sorcier, ma belle enfant, je suis somnambule. Si tu ne me dis pas la vérité, je vais t'endormir et je la saurai.
Elle eut peur, étant stupide comme ses pareilles. Elle balbutia :
- Comment l'as-tu deviné ?
Je repris :
- Allons, parle.
- Oh ! la première fois, ça ne fut presque rien. C'était à la fête du pays. On avait fait venir un chef d'extra, M. Alexandre. Dès qu'il est arrivé, il a fait tout ce qu'il a voulu dans la maison. Il commandait à tout le monde, au patron, à la patronne, comme s'il avait été un roi... C'était un grand bel homme qui, ne tenait pas en place devant son fourneau. Il criait toujours : "Allons, du beurre, des oeufs, du madère." Et il fallait lui apporter ça tout de suite en courant, ou bien il se fâchait et il vous en disait à vous faire rougir jusque sous les jupes.
Quand la journée fut finie, il se mit à fumer sa pipe devant la porte.
Et comme je passais contre lui avec une pile d'assiettes, il me dit comme ça : "Allons, la gosse, viens-t'en jusqu'au bord de l'eau pour me montrer le pays !" Moi j'y allai comme une sotte ; et à peine que nous avons été sur la rive, il m'a forcée si vite, que je n'ai pas même su ce qu'il faisait. Et puis il est parti par le train de neuf heures. Je ne l'ai pas revu après ça.
Je demandai :
- C'est tout ?
Elle bégaya :
- Oh ! je crois bien que c'est à lui Florentin !
- Qui ça, Florentin ?
- C'est mon petit !
Ah ! très bien. Et tu as fait croire au canotier qu'il en était le père, n'est-ce pas ?
- Pardi !
- Il avait de l'argent, le canotier ?
- Oui, il m'a laissé une rente de trois cents francs sur la tête de Florentin.
Je commençais à m'amuser. Je repris :
- Très bien ma fille, c'est très bien. Vous êtes toutes moins bêtes qu'on ne croit, tout de même. Et quel âge a-t-il, Florentin, maintenant ?
Elle reprit :
- V'là qu'il a douze ans. Il fera sa première communion au printemps.
- C'est parfait, et depuis ça, tu fais ton métier en conscience ? Elle soupira, résignée :
- On fait ce qu'on peut...
Mais un grand bruit, parti de la chambre même, me fit sauter du lit d'un bond, le bruit d'un corps tombant et se relevant avec des tâtonnements de mains sur un mur.
J'avais saisi la bougie et je regardais autour de moi, effaré et furieux. Elle s'était levée aussi, essayant de me retenir, de m'arrêter en murmurant :
- Ça n'est rien, mon chat, je t'assure que ça n'est rien.
Mais, j'avais découvert, moi, de quel côté était parti ce bruit étrange. J'allai droit vers une porte cachée à la tête de notre lit et je l'ouvris brusquement... et j'aperçus, tremblant, ouvrant sur moi des yeux effarés et brillants, un pauvre petit garçon pâle et maigre, assis à côté d'une grande chaise de paille, d'où il venait de tomber.
Dès qu'il m'aperçut, il se mit à pleurer, et ouvrant les bras vers sa mère :
- Ça n'est pas ma faute, maman, ça n'est pas ma faute. Je m'étais endormi et j'ai tombé. Faut pas me gronder, ça n'est pas ma faute.
Je me retournai vers la femme. Et je prononçai :
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
Elle semblait confuse et désolée. Elle articula, d'une voix entrecoupée :
- Qu'est-ce que tu veux ? Je ne gagne pas assez pour le mettre en pension, moi ! Il faut bien que je le garde, et je n'ai pas de quoi me payer une chambre de plus, pardi. Il couche avec moi quand j'ai personne. Quand on vient pour une heure ou deux, il peut bien rester dans l'armoire, il se tient tranquille ; il connaît ça. Mais quand on reste toute la nuit, comme toi, ça lui fatigue les reins de dormir sur une chaise, à cet enfant... Ça n'est pas sa faute non plus... Je voudrais bien t'y voir, toi... dormir toute la nuit sur une chaise... Tu m'en dirais des nouvelles...
Elle se fâchait, s'animait, criait.
L'enfant pleurait toujours. Un pauvre enfant chétif et timide, oui, c'était bien l'enfant de l'armoire, de l'armoire froide et sombre, l'enfant qui revenait de temps en temps reprendre un peu de chaleur dans la couche un instant vide.
Moi aussi, j'avais envie de pleurer. Et je rentrai coucher chez moi.
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Lun 28 Juin - 11:39

CONTE DE MAUPASSANT
AMOUR

TROIS PAGES DU LIVRE D'UN CHASSEUR

Je viens de lire dans un fait divers de journal un drame de passion. Il l'a tuée, puis il s'est tué, donc il l'aimait. Qu'importent Il et Elle ? Leur amour seul m'importe ; et il ne m'intéresse point parce qu'il m'attendrit ou parce qu'il m'étonne, ou parce qu'il m'émeut ou parce qu'il me fait songer, mais parce qu'il me rappelle un souvenir de ma jeunesse, un étrange souvenir de chasse où m'est apparu l'Amour comme apparaissaient aux premiers chrétiens des croix au milieu du ciel.
Je suis né avec tous les instincts et les sens de l'homme primitif, tempéré par des raisonnements et des émotions de civilisé. J'aime la chasse avec passion ; et la bête saignante, le sang sur les plumes, le sang sur mes mains, me crispent le cœur à le faire défaillir.
Cette année-là, vers la fin de l'automne, les froids arrivèrent, brusquement, et je fus appelé par un de mes cousins, Karl de Rauville, pour venir avec lui tuer des canards dans les marais, au lever du jour. Mon cousin, gaillard de quarante ans, roux, très fort et très barbu, gentilhomme de campagne, demi-brute aimable, d'un caractère gai, doué de cet esprit gaulois qui rend agréable la médiocrité, habitait une sorte de ferme-château dans une vallée où coulait une rivière. Des bois couvraient les collines de droite et de gauche, vieux bois seigneuriaux où restaient des arbres magnifiques et où l'on trouvait les plus rares gibiers à plume de toute cette partie de la France. On y tuait des aigles quelquefois ; et les oiseaux de passage, ceux qui presque jamais ne viennent en nos pays trop peuplés, s'arrêtaient presque infailliblement dans ces branchages séculaires comme s'ils eussent connu ou reconnu un petit coin de forêt des anciens temps demeuré là pour leur servir d'abri en leur courte étape nocturne.
Dans la vallée, c'étaient de grands herbages arrosés par des rigoles et séparés par des haies ; puis, plus loin, la rivière, canalisée jusque-là, s'épandait en un vaste marais. Ce marais, la plus admirable région de chasse que j'aie jamais vue, était tout le souci de mon cousin qui l'entretenait comme un parc. À travers l'immense peuple de roseaux qui le couvrait, le faisait vivant, bruissant, houleux, on avait tracé d'étroites avenues où les barques plates, conduites et dirigées avec des perches, passaient, muettes, sur l'eau morte, frôlaient les joncs, faisaient fuir les poissons rapides à travers les herbes et plonger les poules sauvages dont la tête noire et pointue disparaissait brusquement.
J'aime l'eau d'une passion désordonnée : la mer, bien que trop grande, trop remuante, impossible à posséder, les rivières si jolies, mais qui passent, qui fuient, qui s'en vont, et les marais surtout où palpite toute l'existence inconnue des bêtes aquatiques. Le marais, c'est un monde entier sur la terre, monde différent, qui a sa vie propre, ses habitants sédentaires, et ses voyageurs de passage, ses voix, ses bruits et son mystère surtout. Rien n'est plus troublant, plus inquiétant, plus effrayant, parfois qu'un marécage. Pourquoi cette peur qui plane sur ces plaines basse couvertes d'eau ? Sont-ce les vagues rumeurs des roseaux, les étranges feux follets, le silence profond qui les enveloppe dans les nuits calmes ou bien les brumes bizarres, qui traînent sur les joncs comme des robes de mortes, ou bien encore l'imperceptible clapotement, si léger, si doux, et plus terrifiant parfois que le canon des hommes ou que le tonnerre du ciel, qui fait ressembler les marais à des pays de rêve, à des pays redoutables cachant un secret inconnaissable et dangereux.
Non. Autre chose s'en dégage, un autre mystère plus profond, plus grave, flotte dans les brouillards épais, le mystère même de la création peut-être ! Car n'est-ce pas dans l'eau stagnante et fangeuse, dans la lourde humidité des terres mouillées sous la chaleur du soleil, que remua, que vibra, que s'ouvrit au jour le premier germe de vie ?

J'arrivai le soir chez mon cousin. Il gelait à fendre les pierres.
Pendant le dîner, dans la grande salle dont les buffets, les murs, le plafond étaient couverts d'oiseaux empaillés, aux ailes étendues, ou perchés sur des branches accrochées par des clous, éperviers, hérons, hiboux, engoulevents, buses, tiercelets, vautours, faucons, mon cousin pareil lui-même à un étrange animal des pays froids, vêtu d'une jaquette en peau de phoque, me racontait les dispositions qu'il avait prises pour cette nuit même.
Nous devions partir à trois heures et demie du matin, afin d'arriver vers quatre heures et demie au point choisi pour notre affût. On avait construit à cet endroit une hutte avec des morceaux de glace pour nous abriter un peu contre le vent terrible qui précède le jour, ce vent chargé de froid qui déchire la chair comme des scies, la coupe comme des lames, la pique comme des aiguillons empoisonnés, la tord comme des tenailles, et la brûle comme du feu.
Mon cousin se frottait les mains : " Je n'ai jamais vu une gelée pareille disait-il, nous avions déjà douze degrés sous zéro à six heures du soir. " J'allai me jeter sur mon lit aussitôt après le repas, et je m'endormis à la lueur d'une grande flamme flambant dans ma cheminée.
À trois heures sonnantes on me réveilla. J'endossai, à mon tour, une peau de mouton et je trouvai mon cousin Karl couvert d'une fourrure d'ours. Après avoir avalé chacun deux tasses de café brûlant suivies de deux verres de fine champagne, nous partîmes accompagnés d'un garde et de nos chiens : Plongeon et Pierrot.
Dès les premiers pas dehors, je me sentis glacé jusqu'aux os. C'était une de ces nuits où la terre semble morte de froid. L'air gelé devient résistant, palpable tant il fait mal ; aucun souffle ne s'agite ; il est figé, immobile ; il mord, traverse, dessèche, tue les arbres, les plantes, les insectes, les petits oiseaux eux-mêmes qui tombent des branches sur le sol dur, et deviennent durs aussi, comme lui, sous l'étreinte du froid.
La lune, à son dernier quartier, toute penchée sur le côté, toute pâle, paraissait défaillante au milieu de l'espace, et si faible qu'elle ne pouvait plus s'en aller, qu'elle restait là-haut, saisie aussi, paralysée par la rigueur du ciel. Elle répandait une lumière sèche et triste sur le monde, cette lueur mourante et blafarde qu'elle nous jette chaque mois, à la fin de sa résurrection.
Nous allions, côte à côte, Karl et moi, le dos courbé, les mains dans nos poches et le fusil sous le bras. Nos chaussures enveloppées de laine afin de pouvoir marcher sans glisser sur la rivière gelée ne faisaient aucun bruit ; et je regardais la fumée blanche que faisait l'haleine de nos chiens.
Nous fûmes bientôt au bord du marais, et nous nous engageâmes dans une des allées de roseaux secs qui s'avançaient à travers cette forêt basse.
Nos coudes, frôlant les longues feuilles en rubans, laissaient derrière nous un léger bruit, et je me sentis saisi, comme je ne l'avais jamais été, par l'émotion puissante et singulière que font naître en moi les marécages. Il était mort, celui-là, mort de froid, puisque nous marchions dessus, au milieu de son peuple de joncs desséchés.
Tout à coup, au détour d'une des allées, j'aperçus la hutte de glace qu'on avait construite pour nous mettre à l'abri. J'y entrai, et comme nous avions encore près d'une heure à attendre le réveil des oiseaux errants, je me roulai dans ma couverture pour essayer de me réchauffer.
Alors, couché sur le dos, je me mis à regarder la lune déformée, qui avait quatre cornes à travers les parois vaguement transparentes de cette maison polaire.
Mais le froid du marais gelé, le froid de ces murailles, le froid tombé du firmament me pénétra bientôt d'une façon si terrible, que je me mis à tousser.
Mon cousin Karl fut pris d'inquiétude : " Tant pis si nous ne tuons pas grand-chose aujourd'hui, dit-il, je ne veux pas que tu t'enrhumes ; nous allons faire du feu. " Et il donna l'ordre au garde de couper des roseaux.
On en fit un tas au milieu de notre hutte défoncée au sommet pour laisser échapper la fumée ; et lorsque la flamme rouge monta le long des cloisons claires de cristal, elles se mirent à fondre, doucement, à peine, comme si ces pierres de glace avaient sué. Karl, resté dehors, me cria : " Viens donc voir ! " Je sortis et je restai éperdu d'étonnement. Notre cabane, en forme de cône, avait l'air d'un monstrueux diamant au cœur de feu poussé soudain sur l'eau gelée du marais. Et dedans, on voyait deux formes fantastiques, celles de nos chiens qui se chauffaient.
Mais un cri bizarre, un cri perdu, un cri errant, passa sur nos têtes. La lueur de notre foyer réveillait les oiseaux sauvages.
Rien ne m'émeut comme cette première clameur de vie qu'on ne voit point et qui court dans l'air sombre, si vite, si loin, avant qu'apparaisse à l'horizon la première clarté des jours d'hiver. Il me semble à cette heure glaciale de l'aube, que ce cri fuyant emporté par les plumes d'une bête est un soupir de l'âme du monde !
Karl disait : " Éteignez le feu. Voici l'aurore. "
Le ciel en effet commençait à pâlir, et les bandes de canards traînaient de longues taches rapides, vite effacées, sur le firmament.
Une lueur éclata dans la nuit, Karl venait de tirer ; et les deux chiens s'élancèrent.
Alors, de minute en minute, tantôt lui et tantôt moi, nous ajustions vivement dès qu'apparaissait au-dessus des roseaux l'ombre d'une tribu volante. Et Pierrot et Plongeon, essoufflés et joyeux, nous rapportaient des bêtes sanglantes dont l'œil quelquefois nous regardait encore.
Le jour s'était levé, un jour clair et bleu ; le soleil apparaissait au fond de la vallée et nous songions à repartir, quand deux oiseaux, le col droit et les ailes tendues, glissèrent brusquement sur nos têtes. Je tirai. Un d'eux tomba presque à mes pieds. C'était une sarcelle au ventre d'argent. Alors, dans l'espace au-dessus de moi, une voix, une voix d'oiseau cria. Ce fut une plainte courte, répétée, déchirante ; et la bête, la petite bête épargnée se mit à tourner dans le bleu du ciel au-dessus de nous en regardant sa compagne morte que je tenais entre mes mains.
Karl, à genoux, le fusil à l'épaule, l'œil ardent, la guettait, attendant qu'elle fût assez proche.
" Tu as tué la femelle, dit-il, le mâle ne s'en ira pas. "
Certes, il ne s'en allait point ; il tournoyait toujours et pleurait autour de nous. Jamais gémissement de souffrance ne me déchira le cœur comme l'appel désolé, comme le reproche lamentable de ce pauvre animal perdu dans l'espace.
Parfois, il s'enfuyait sous la menace du fusil qui suivait son vol ; il semblait prêt à continuer sa route, tout seul à travers le ciel. Mais ne s'y pouvant décider il revenait bientôt pour chercher sa femelle.
" Laisse-la par terre, me dit Karl, il approchera tout à l'heure. "
Il approchait, en effet, insouciant du danger, affolé par son amour de bête, pour l'autre bête que j'avais tuée.
Karl tira ; ce fut comme si on avait coupé la corde qui tenait suspendu l'oiseau. Je vis une chose noire qui tombait ; j'entendis dans les roseaux le bruit d'une chute. Et Pierrot me le rapporta.
Je les mis, froids déjà, dans le même carnier... et je repartis, ce jour-là, pour Paris.
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Lun 13 Sep - 18:35

"C’est un jeu, la peinture ; mais un jeu qui s’identifie à la vie. Je peins la vie, ce qui m’en est perceptible. Je joue pleinement le jeu de la peinture."

Janos Ber .

" A chaque siècle son art, à l'art sa liberté. "
Gustav Klimt .

" L'art, ne peut pas être moderne, l'art est éternel. "
Egon Schiele .

" L'art, c'est la plus sublime mission de l'homme, puisque c'est l'exercice de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre. "
Auguste Rodin .

" Le blanc sonne comme un silence, un rien avant tout commencement. "
Wassily Kandinsky.

" Je veux être aimée des hommes qui ne m'auront jamais vue, qui demeureront à rêver devant un carré de toile où, avec mes couleurs, j'aurai laissé un peu d'âme. "
Suzanne Valadon.

" On est toujours influencé. Suiveur, on imite, novateur, on imite encore en modifiant. "
Roger de la Fresnaye.

" Faites toujours que votre tableau soit une ouverture au monde. "
Léonard de Vinci.

" Peindre, peindre. Toujours peindre. Encore peindre. Le mieux possible, le vide et le plein, le léger et le dense, le vivant et le souffle. "
Zao Wou Ki.

" C'est l'être humain qui m'intéresse. Son visage est la création suprême de la nature. "
Amedeo Modigliani.

" On ne peut pas peindre éternellement des femmes qui tricotent et des hommes qui lisent. "
Edvard Munch.

" Ma mission de peindre est de donner de l'art une image permanente et humaine. "
Marcel Gromaire.

" En art, la lumière est la seule réalité. "
Robert Delaunay.

" Le noir est une couleur en soi, qui résume et consume toutes les autres. "
Henri Matisse.

" L'art est un mélange d'émotion et d'impressions où l'intelligence l'emporte sur l'intuition sensible."
Jacques Villon.

" L'art recèle toujours des évocations de la condition mortelle. "
Mark Rothko.

" En art, il n'y a pas d'effet sans entorse à la vérité. "
Georges Braque.

" Le travail de l'artiste est de toujours sonder le mystère. "
Francis Bacon.

" L'art est un mélange d'émotion et d'impressions où l'intelligence l'emporte sur l'intuition sensible. "
Jacques Villon.

" Dans l'art, il faut faire abstraction de toutes les habitudes. "
Jean Dubuffet.

" Le grand ennemi de l'art, c'est le bon goût. "
Marcel Duchamp.

" Le moins que l'on puisse demander à une sculpture, c'est qu'elle ne bouge pas. "
Salvador Dali.

" Pourquoi ne pas concevoir comme une oeuvre d'art l'exécution d'une oeuvre d'art ?. "
Paul Valéry.

" Faut-il peindre ce qu'il y a sur un visage, ce qu'il y a dans un visage, ou ce qui se cache derrière un visage ?. "
Pablo Picasso.

" L'art est beau quand la main, la tête et le coeur travaillent ensemble. "
John Ruskin.

" La simplicité est la complexité résolue. "
Constantin Brancusi.

" L'art doit naître du matériau et la spiritualité doit emprunter le langage du matériau."
Jean Dubuffet.

" La beauté refuse de se plier à la contrainte de la signification ."
Sonia Delaunay.

" La mission suprême de l'art consiste à libérer nos regards des terreurs obsédantes de la nuit, à nous guérir des douleurs convulsives que nous causent nos actes volontaires. "
Fiedrich Nietzsche. " Ainsi parlait Zarathoustra "

" Griffonner, gratter, agir sur la toile, peindre enfin, me semblent des activités humaines aussi immédiates, spontanées et simples que peuvent l'être le chant, la danse ou le jeu d'un animal, qui court, piaffe ou s'ébroue ."
Hans Hartung.

" Je ne fais ni de l'Art pour l'Art, ni de l'Art contre l'Art. Je suis pour l'Art, mais pour l'art qui n'a rien à voir avec l'Art, car l'art a tout à voir avec la vie."
Robert Rauschenberg.

" Il y a en somme en peinture plus à chercher la suggestion que la description ."
Paul Gauguin.

" J'ai la plus haute idée, et la plus passionnée, de l'art. Bien trop haute pour consentir à le soumettre à rien. Bien trop passionnée pour vouloir le séparer de rien ."
Albert Camus. " Carnets II "

" Il faut bien comprendre que l'art n'existe que s'il prolonge un cri, un rire ou une plainte. "
Jean Cocteau. " La Difficulté d'Être "

" Un tableau ne vit que par celui qui le regarde "
Pablo Picasso

" Nul n'a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l'enfer . "
Antonin Artaud. " Van Gogh, le Suicidé de la Société "

" L'art a estompé la différence entre l'art et la vie. Laissons maintenant la vie estomper la différence entre
la vie et l'art " .
John Cage .

" La vie imite l'art, bien plus que l'art n'imite la vie" .
Oscar Wilde.

" Je crois que l'art est la seule forme d'activité par laquelle l'homme en tant que tel se manifeste comme véritable individu. Par elle seule, il peut dépasser le stade animal, parceque l'art est un débouché sur des régions où ne domine ni le temps, ni l'espace ".
Marcel Duchamp.

" L'art est fait pour troubler".
Georges Braque." Le Jour et la Nuit"

" Toute la peinture passée et actuelle avant le suprématisme, a été asservie par la forme de la nature et attend sa libération pour parler dans sa propre langue et ne pas dépendre de la raison, du sens, de la logique, de la philosophie, de la psychologie, des différentes lois de causalité et des changements techniques de la vie ".
Kasimir Malévitch." Du cubisme au suprématisme"

" Le peintre qui traduit par pratique et jugement de l'oeil, sans raisonnement, est comme le miroir où s'imitent les choses les plus opposées, sans cognition de leur essence".
Léonard de Vinci. "Traité de la peinture"

" Dans mon travail, l'expression subjective, c'est le titre, la peinture et l'objet. Mais cet objet est quelque peu subjectif, parce qu'il est la pantomime, l'apparence du titre".
Francis Picabia.

" Il ne faut pas qu'un artiste s'intéresse trop à son époque, sous peine de faire des oeuvres qui n'intéressent que son époque."
Henry de Montherlant. " Carnets : 1930-1944 "

" Au début, on ne voit rien. On voit un ensemble de choses, mais on ne voit rien, ou plutôt, on voit comme tout le monde. Ce qu'il faut, c'est une longue observation méditative, crayon en main. Et au bout d'un certain temps on s'aperçoit que les choses commencent à avoir une autre vérité. La réalité apparaît beaucoup plus vraie. Cela demande beaucoup de temps."
Edouard Pignon. " La Quête de la Réalité "

" Il n'y a pas de différence fondamentale entre l'artiste et l'artisan. L'artiste est une élévation de l'artisan. Par la grâce du ciel, en de rares moments de lumière qui sont en deçà de sa volonté, l'art fleurit insconciemment du travail de sa main, mais les connaissances de base de ce travail sont indispensables à tout artiste. C'est là qu'est la source de
la production créatrice. "
Walter Gropius. " Programme du Bauhaus"

" Une oeuvre d'art est un coin de la création vu à travers un tempérament. "
Emile Zola. " Mes Haines "

" Le philosophe a régné sur le monde antique. Le savant règne provisoirement sur le monde d"aujourd'hui . Tout laisse à penser que c'est l'artiste qui régnera sur le monde de demain ."
Georges Mathieu . " La réponse de l'Abstraction Lyrique"

" Le plus précieux dans la création picturale, c'est la couleur et la texture. Elles constituent l'essence picturale que le sujet a toujours tuée."
Kasimir Malévitch.

" L'art est une abstraction."
Paul Gauguin.

" C'est le côté humain, franchement humain qui me touche le plus en art."
Jean-François Millet.

" L'objet profond de l'artiste est de donner plus qu'il ne possède."
Paul Valéry. "Cahiers"

" Les intentions d'un artiste, comme les explications du spectateur sont toujours de fausses clés. Elles n'abordent qu'un côté d'une oeuvre, elles n'entament pas l'énigme qu'elle est . Sur une peinture comme sur toute oeuvre viennent se faire et se défaire le sens qu'on lui prête."
Pierre Soulages.

" Pour approcher le spirituel en art, on fera usage aussi peu que possible de la réalité, parce que la réalité est opposée au spirituel."
Piet Mondrian.

" Certains recherchent l'art lui-même, d'autres ses prolongements. Certains ne voient que le présent, d'autres portent leur regard vers le futur. Le papillon voltige au dessus de la prairie et l'aigle traverse les mers."
Johann Heinrich Füssli. "Aphorismes"

" L'art est délivrance, même dans la souffrance; mais aux yeux de ceux, parias, qui n'ont pas le sens intime de la liberté de l'esprit, l'art est le crime."
Georges Rouault.

" La peinture n'a pas, comme dans le passé, de destination véritable, elle ne trouve plus sa victoire et son repos en répondant aux besoins sprituels des peuples. Elle vit sur elle même. le plaisir bref qu'elle peut encore donner ne doit pas faire illussion : elle n'a plus de nécessité effective. "
André Masson.

" L'art véritable n'a que faire de proclamations et s'accomplit dans le silence. "
Marcel Proust. " Le Temps Retrouvé "

" C'est un des privilèges prodigieux de l'Art que l'horrible, artistement exprimé, devienne beauté, et que la douleur rythmée et cadencée remplisse l'esprit d'une joie calme. "
Charles Baudelaire. " Théophile Gautier "

" Les arts, comme les sciences doivent leur naissance à nos vices : nous serions moins en doute sur leurs avantages, s'ils la devaient à nos vertus. "
Jean-Jacques Rousseau. " Discours sur les Sciences et les Arts - Seconde partie "

" Nous avons besoin de ce sol sur lequel tout homme se ressent et se reconnaît comme créature créatrice, agissant sur le monde. La formule "tout homme est un artiste", qui a suscité beaucoup de colère et que l'on continue à mal comprendre, se réfère à la transformation du corps social. Tout homme peut, et même doit, prendre part à cette transformation pour que nous puissions la mener à bien aussi vite que possible."
Joseph Beuys.

" Peut-être que jamais auparavant l'art n'a été compris avec autant de profondeur et d'âme qu'au temps actuel, où la magie de la mort semble jouer autour de lui ."
Fiedrich Nietzsche. " Humain trop humain "

" Requalifier le rôle de l'art, signifie pour l'artiste reconquérir son propre territoire reporter sa propre pratique au-dedans des frontières spécifiques d'une opération qui ne se mesure pas avec le monde, mais avant tout avec sa propre histoire et avec l'histoire de son propree langage."
Achille Bonito Oliva. " La Transavantgarde italienne "

" En art, il faut que la mathématique se mette aux ordres des fantômes. Le bon peintre est celui qui enterre une couleur chaque jour."
Roger Bissière .

" L'art des affaires est l'étape qui succède à l'art. J'ai commencé comme artiste commercial, et je veux finir comme artiste d'affaires. Après avoir fait ce qu'on appelle de l'art, ou ce qu'on veut, je me suis mis à l'art des affaires."
Andy Warhol .

" Un tableau est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. "
Maurice Denis . " Définition du Néo -traditionnalisme " - (Revue Art et Critique 30 Août 1890)

" L'art est une démonstration dont la nature est la preuve. "
Georges Sand . " François le Champri "

" Si l'esthétique est l'ensemble des rapports entre le peintre et le monde extérieur, rapports qui aboutissent au sujet, la technique est l'ensemble des rapports entre les formes et les couleurs qu'elles contiennent, et entre les formes colorées elles-mêmes. "
Juan Gris. " Des possibilités de la peinture "

" L'artiste n'a de responsabilité envers personne. Son rôle social est asocial. Sa seule responsabilité réside dans sa position face au travail qu'il accomplit. "
Georg Baselitz.

" Ecrire n'est pas décrire. Peindre n'est pas dépeindre. La vraisemblance n'est que trompe-l'oeil ."
Georges Braque

" La mission suprême de l'art consiste à libérer nos regards des terreurs obsédantes de la nuit, à nous guérir des douleurs convulsives que nous causent nos actes volontaires. "
Fiedrich Nietzsche. " Ainsi parlait Zarathoustra "

" Il ne s'agit pas de peindre la vie. Il s'agit de rendre vivante la peinture. "
Pierre Bonnard.

" L'art, est à l'image de la création. C'est un symbole, tout comme le monde terrestre est un symbole du cosmos."
Paul Klee . " Théorie de l'Art Moderne "

" En art, la malchance a bien souvent forcé l'éclosion du génie."
Jacques de Lacretelle . " Journal de Bord "

" Un artiste original ne peut pas copier. Il n'a donc qu'à copier pour être original."
Jean Cocteau. " Le Rappel à l'ordre "

" J'appelle art, tout ce qui soulage la vie réelle en nous portant à l'élévation "
Amédée Ozenfant.

" L'art est toujours plus abstrait que nous ne l'imaginons. La forme et la couleur nous parlent de forme et de couleur, et tout s'arrête là. "
Oscar Wilde. " Le Portrait de Dorian Gray "

" L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité."
Fiedrich Nietzsche. " Ainsi parlait Zarathoustra "

" L'art, c'est le reflet que renvoie l'âme humaine éblouie de la splendeur du beau."
Victor Hugo. " Océan "


" L'art existe à la minute où l'artiste s'écarte de la nature. Ce par quoi il s'en écarte lui donne le droit de vivre."
Jean Cocteau. " La Difficulté d'être "

" Il n'y a pas d'art, il n'y a que des hommes."
Alfred de Musset. " Un mot sur l'art moderne "

" L'art doit naître du matériau et la spiritualité doit emprunter le langage du matériau."
Jean Dubuffet.

" La peinture est un art, et l'art dans son ensemble n'est pas une création sans but qui s'écoule dans le vide. C'est une puissance dont le but doit être de développer et d'améliorer l'âme humaine."
Wassily Kandinsky. " Du Spirituel dans L'Art "

" Le progrés en art ne consiste pas à étendre ses limites, mais à les mieux connaître."
Georges Braque. " Le Jour et la Nuit "

" Pourquoi ne pas concevoir comme une oeuvre d'art l'éxécution d'une oeuvre d'art ?. "
Paul Valéry . " Pièces sur l'art "

" Les deux qualités essentielles de l'artiste sont la morale et la perspective"
Denis Diderot. /P. Eluard - " Les Frères Voyants "

" La valeur réelle de l'art est fonction de son pouvoir de révélation libératrice."
René Magritte.

" Le pathétique seul est infaillible dans l'art ."
Alphonse de Lamartine. " Graziella"

" Une oeuvre d'art peut exiger que nous lui sacrifiions jusqu'à nos scrupules."
Jean Rostand. " Pages d'un Moraliste"

" Ce n'est pas l'histoire, mais l'art qui exprime la vraie vie. "
Fiedrich Nietzsche. " Le Crépuscule des Idoles "

" L'art est la sanctification de la nature, de cette nature de tout le monde, qui se contente de vivre."
Stéphane Denis .

" Dans l'art, il n'y a ni formes, ni objets. Il n'y a que des événements, des surgissements, des apparitions."
André Masson.


" L'art est la recherche de l'inutile; il est dans la spéculation ce qu'est l'héroïsme dans la morale."
Gustave Flaubert . " Carnets "

" L'artiste doit aimer la vie et nous montrer qu'elle est belle. Sans lui nous en douterions."
Anatole France. " Le Jardin d'Epicure "


" La force suprême de l'art et de l'amour est de nous contraindre à vouloir épuiser en eux l'inépuisable."
André Malraux. " Les Voix du Silence "

" En art, il n'y a pas d'effet sans entorse à la vérité. "
Georges Braque. " Le Jour et la Nuit "

" L'art ne vaut à mes yeux que s'il est la projection d'une morale."
Jean Cocteau . " La Difficulté d'être "

" L'oeuvre d'art a une mission mystique qui est de racheter le réel."
E. Jaloux. " Essences "

" Le mystère de l'art, c'est que tout sonne juste, quand tout est faux. "
Yves Navarre. " Niagarak "

" L'art même n'est, à mon sens, qu'inceste entre l'instinct et la volonté. "
Saint John Perse. " Correspondance - A Paul Claudel "

" L'art est le culte de l'erreur. "
Francis Picabia. " Ecrits "


" La fonction de l'art n'est jamais d'illustrer une vérité, ou même une interrogation. Elle est de mettre au monde des interrogations, qui ne se connaissent pas encore elles-mêmes. "
Alain Robbe-Grillet . " Pour un Nouveau Roman "

" Tout le secret de l'art est de savoir ordonner des émotions désordonnées, mais de les ordonner de telle façon qu'on en fasse sentir encore mieux le désordre. "
C.F. Ramuz. " Journal "

" La grandeur d'un artiste se mesure aux tentations qu'il a vaincues. "
Albert Camus. Préface à "La Maison du Peuple " de L. Guilloux

" La vérité est que l'art doit être l'écriture de la vie. "
Edouard Manet.

" L'humanité a besoin de sublime. Le sublime du sublime, c'est l'art. Le sublime de l'art, c'est l'avant-garde. "
Roland Topor. " Mémoires d'un vieux con"

" Tous les arts sont fondés sur un certain degré de fausseté. "
Stendhal. " Vies de Haydn, de Mozart et de Métastase"

" Il n'est en art qu'une chose qui vaille : celle qu'on ne peut expliquer. "
Georges Braque. " Le Jour et la Nuit "

" Tous les arts sont comme des miroirs où l'homme connaît et reconnaît quelquechose de lui-même qu'il ignorait. "
Alain. " Vingt leçons sur les Beaux Arts "

" Dans l'art, au moins, tout est liberté dans ce monde des fictions. "
Gustave Flaubert. " Correspondance "

" L'art est encore la seule forme supportable de la vie; la plus grande jouissance est celle qui s'épuise le moins vite. "
Valéry Larbaud. " A O. Barnabooth "

" L'oeuvre d'art n'est pas le reflet, l'image du monde; mais elle est à l'image du monde. "
Eugène Ionesco. " Notes et Contre-Notes "

" L'art, c'est l'homme ajouté à la nature. "
Vincent Van Gogh. " P. Eluard - Les Frères Voyants "

" Le monde de l'art n'est pas celui de l'immortalité, c'est celui de la métamorphose. "
André Malraux. " Antimémoires "

" L'art, a un autre but que lui-même. Sa recherche est l'expression ou le symbole de sa perpétuelle recherche de l'Etre."
Georges Bernanos.

" C'est par l'Art et par l'Art seul, que nous pouvons réaliser notre perfection ; par l'Art, et par l'Art seul que nous pouvons nous défendre des périls sordides de l'existence réelle . "
Oscar Wilde.

" Chaque époque d'une civilisation crée un art qui lui est propre et qu'on ne verra jamais renaître. Tenter de revivifier les principes d'art des siècles écoulés ne peut que conduire à la production d'oeuvres mort-nées. "
Wassily Kandinsky.

" L'art est un jeu d'enfant ."
Max Ernst.

" Il ne s'agit pas de peindre la vie, il s'agit de rendre vivante la peinture ."
Pierre Bonnard.

" Devant la nature elle-même, c'est notre imagination qui fait le tableau ."
Paul Gauguin.

" Il faut capter la lumière et la jeter directement sur la toile ."
Claude Monet.

" L'oeuvre d'art est un arrêt du temps ."
Pierre Bonnard.
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Ven 12 Nov - 22:16

Léon Tolstoï - comte Lev Nikolaïevitch Tolstoï (en russe : Лев Николаевич Толстой) -, né le 28 août (calendrier julien)/9 septembre 1828 à Iasnaïa Poliana en Russie et mort le 7 novembre (calendrier julien)/20 novembre 1910 à Astapovo, est un des écrivains majeurs de la littérature russe, surtout par ses romans et ses nouvelles, riches d'analyse psychologique et de réflexion morale et philosophique.

Ainsi, l'une de ses grandes œuvres, Guerre et Paix (1869), est une reconstitution historique et réaliste des guerres napoléoniennes en Russie, mais c'est aussi une réflexion sur la violence inspirée par des conflits comme la guerre de Crimée (1853-1856) durant laquelle il a été mobilisé et qu'il relate dans Récits de Sébastopol.

Par ailleurs, Tolstoï entame à partir des années 1870 une quête spirituelle et religieuse qui se reflète dans ses œuvres : il multiplie alors les considérations philosophiques qu'il mêle aux événements romanesques comme dans Anna Karénine, l'histoire d'une passion dramatique dont la publication finale date de 1877, et plus encore dans Résurrection (1899), où le héros en plein débat moral rencontre la figure du Christ.

À la fin de sa vie, il devient une sorte de maître à penser prônant une vie simple et morale et combattant les institutions oppressives et les formes de violence : il a eu de ce fait une grande influence sur des personnalités comme le Mahatma Gandhi, Romain Rolland et bien d'autres.

ROMANS :

* Les Cosaques, 1863
* Guerre et Paix, 1864-1869
* Anna Karénine, 1873-1877
* Résurrection, 1899

ROMANS

La Guerre et la Paix ou Guerre et Paix (Война и мир) est un roman de Léon Tolstoï. Publié entre 1865 et 1869 dans Russkii Vestnik, un périodique de l’époque, ce livre narre l’histoire de la Russie à l’époque de Napoléon Ier (notamment la campagne de Russie en 1812). La richesse et le réalisme de ses détails ainsi que ses nombreuses descriptions psychologiques font qu’il est souvent considéré comme un roman majeur de l’histoire de la littérature.

Tolstoï y développe une théorie fataliste de l’histoire, où le libre arbitre n’a qu’une importance mineure et où tous les événements n’obéissent qu’à un déterminisme historique inéluctable.

Guerre et Paix a engendré un nouveau genre de fiction. Bien qu’aujourd’hui considéré comme un roman, cette œuvre a cassé de si nombreux codes du roman de son époque que de nombreux critiques ne le considérèrent pas comme tel. Tolstoï considérait lui-même Anna Karénine (1878) comme sa première tentative de roman, au sens où les Européens l’entendaient.

Guerre et Paix fut à l’époque de sa publication un immense succès, bien que Tolstoï ne s’y attendît pas. Tolstoï confia à son ami Afanassi Fet qu’il s’attendait à ce que cette œuvre passât inaperçue. Le roman est cité par William Somerset Maugham en 1954, dans son essai Ten Novels and Their Authors' parmi les dix plus grands romans.
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Mer 24 Nov - 22:39

Le Petit Prince - chapitre XXI

°°

°

C'est alors qu'apparut le renard:

- Bonjour, dit le renard.

- Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.

- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.

- Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli...

- Je suis un renard, dit le renard.

- Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste...

- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.

- Ah! pardon, fit le petit prince.

Mais, après réflexion, il ajouta:

- Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?

- Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu ?

- Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?

- Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?

- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?

- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "créer des liens..."

- Créer des liens ?

- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...

- Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur... je crois qu'elle m'a apprivoisé...

- C'est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses...

- Oh! ce n'est pas sur la Terre, dit le petit prince.

Le renard parut très intrigué :

- Sur une autre planète ?

- Oui.

- Il y a des chasseurs, sur cette planète-là ?

- Non.

- Ça, c'est intéressant ! Et des poules ?

- Non.

- Rien n'est parfait, soupira le renard.

Mais le renard revint à son idée:

- Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...

Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince:

- S'il te plaît... apprivoise-moi ! dit-il.

- Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.

- On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !

- Que faut-il faire? dit le petit prince.

- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...

Le lendemain revint le petit prince.

- Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le cœur... Il faut des rites.

- Qu'est-ce qu'un rite ? dit le petit prince.

- C'est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu'à la vigne. Si les chasseurs dansaient n'importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n'aurais point de vacances.

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche:

- Ah! dit le renard... Je pleurerai.

- C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...

- Bien sûr, dit le renard.

- Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.

- Bien sûr, dit le renard.

- Alors tu n'y gagnes rien !

- J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.

Puis il ajouta:

- Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret.

Le petit prince s'en fut revoir les roses:

- Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n'avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

Et les roses étaient bien gênées.

- Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose.

Et il revint vers le renard:

- Adieu, dit-il...

- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux.

- L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.

- C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

- C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.

- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...

- Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir.
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Sam 1 Jan - 1:16


AFRIKAANS gelukkige nuwejaar / voorspoedige nuwejaar
AKPOSSO ilufio ètussé
ALBANAIS Gëzuar vitin e ri
ALLEMAND ein gutes neues Jahr / prost Neujahr
ALSACIEN e glëckliches nëies / güets nëies johr
ANGLAIS happy new year
ARABE عام سعيد (aam saiid) / sana saiida
ARMÉNIEN shnorhavor nor tari
AZERI yeni iliniz mubarek
BAMBARA aw ni san'kura / bonne année
BAS-SAXON gelükkig nyjaar
BASQUE urte berri on
BENGALI subho nababarsho
BERBÈRE asgwas amegas
BETI mbembe mbu
BIÉLORUSSE З новым годам (Z novym hodam)
BIRMAN hnit thit ku mingalar pa
BOBO bonne année
BOSNIAQUE sretna nova godina
BRETON bloavezh mat / bloavez mad
BULGARE честита нова година (chestita nova godina)
CANTONAIS sun lin fi lok / kung hé fat tsoi
CATALAN bon any nou
CHINOIS xin nian kuai le / xin nian hao
CORÉEN seh heh bok mani bat uh seyo
CORSE pace e salute
CRÉOLE ANTILLAIS bon lanné
CRÉOLE GUADELOUPÉEN bonne année
CRÉOLE GUYANAIS bon nannen / bon lannen
CRÉOLE HAITIEN bònn ané
CRÉOLE MARTINIQUAIS bon lanné / bonanné
CRÉOLE MAURICIEN banané
CRÉOLE RÉUNIONNAIS bone-érèz ané
CRÉOLE SEYCHELLOIS mon swet zot la bonn anen
CROATE sretna nova godina
DANOIS godt nytår
DARI sale naw tabrik
DOUALA mbu mwa bwam
ESPAGNOL feliz año nuevo
ESPÉRANTO feliĉan novan jaron
ESTONIEN head uut aastat
EWE eƒé bé dzogbenyui nami
FÉROÏEN gott nýggjár
FINNOIS onnellista uutta vuotta
FLAMAND gelukkig nieuwjaar
FRANÇAIS bonne année
FRANCIQUE LORRAIN Proscht nei Johr / Beschte Wìnsch fer's neije Johr
FRISON lokkich neijier
FRIOULAN bon an
GAÉLIQUE D'ÉCOSSE bliadhna mhath ur
GAÉLIQUE D'IRLANDE ath bhliain faoi mhaise
GALICIEN feliz aninovo
GALLO Bónn anaèy
GALLOIS blwyddyn newydd dda
GÉORGIEN გილოცავთ ახალ წელს (gilocavt akhal tsels)
GREC kali chronia / kali xronia
eutichismenos o kainourgios chronos (nous vous souhaitons une bonne année)
GUJARATI sal mubarak / nootan varshabhinandan
GUARANÍ rogüerohory año nuévo-re
HAWAIIEN hauoli makahiki hou
HÉBREU שנה טובה (shana tova)
HINDI nav varsh ki subhkamna
HMONG nyob zoo xyoo tshiab
HONGROIS boldog új évet
INDONÉSIEN selamat tahun baru
ISLANDAIS farsælt komandi ár
ITALIEN felice anno nuovo, buon anno
JAVANAIS sugeng warsa enggal
JAPONAIS akemashite omedetô
KABYLE asseggas ameggaz
KANNADA hosa varshada shubhaashayagalu
KAZAKH zhana zhiliniz kutti bolsin
KHMER sur sdei chhnam thmei
KINYARWANDA umwaka mwiza
KIRUNDI umwaka mwiza
KURDE sala we ya nû pîroz be
LANGUEDOCIEN (OCCITAN) bona annada
LAO sabai di pi mai
LATIN felix sit annus novus
LETTON laimīgu Jauno gadu
LIGURE feliçe annu nœvu / feliçe anno nêuvo
LINGALA bonana / mbula ya sika elamu na tonbeli yo
LITUANIEN laimingų Naujųjų Metų
LUXEMBOURGEOIS e gudd neit Joër
MACÉDONIEN Среќна Нова Година (srekna nova godina)
MALAIS selamat tahun baru
MALAYALAM nava varsha ashamshagal
MALGACHE arahaba tratry ny taona
MALTAIS is-sena t-tajba
MANGARÉVIEN kia porotu te ano ou
MAORI kia hari te tau hou
MARATHI navin varshaachya hardik shubbheccha
MOHAWK ose:rase
MONGOL shine jiliin bayariin mend hurgeye (Шинэ жилийн баярын мэнд хvргэе)
MORÉ wênd na kô-d yuum-songo
NDEBELE umyaka omucha omuhle
NÉERLANDAIS gelukkig nieuwjaar
NORVÉGIEN godt nyttår
OCCITAN bona annada
ORIYA subha nababarsa / naba barsara hardika abhinandan
OURDOU naya saal mubarik
OUZBEK yangi yilingiz qutlug' bo'lsin
PACHTO nawe kaalmo mobarak sha
PERSAN سال نو مبارک (sâle no mobârak)
POLONAIS szczęśliwego nowego roku
PORTUGAIS feliz ano novo
PROVENÇAL bòna annada / bono annado (provençal rhodanien)
PUNJABI ਨਵੇਂ ਸਾਲ ਦੀਆਂ ਵਧਾਈਆਂ (nave saal deeyan vadhaiyaan)
ROMANCHE bun di bun onn
ROMANI baxtalo nevo bersh
ROUMAIN un an nou fericit / la mulţi ani
RUSSE С Новым Годом (S novim godom)
SAMOAN ia manuia le tausaga fou
SANGO nzoni fini ngou
SARDE bonu annu nou
SERBE srećna nova godina / Срећна нова година
SHIMAORÉ mwaha mwema
SHONA goredzva rakanaka
SINDHI nain saal joon wadhayoon
SINHALA suba aluth avuruddak vewa
SLOVAQUE šťastný nový rok
SLOVÈNE srečno novo leto
SOBOTA dobir leto
SOMALI sanad wanagsan
SRANAN wan bun nyun yari
SUÉDOIS gott nytt år
SUISSE-ALLEMAND es guets Nöis
SWAHILI mwaka mzuri / heri ya mwaka mpya
TAGALOG manigong bagong taon
TAHITIEN ia orana i te matahiti api
TAMAZIGHT assugas amegaz
TAMOUL iniya puthandu nalVazhthukkal
TATAR yaña yıl belän
TCHÈQUE šťastný nový rok
TELUGU నూతన సంవత్శర శుభాకాంక్షలు (nuthana samvathsara subhakankshalu)
THAI สวัสดีปีใหม่ (sawatdii pimaï)
TIBÉTAIN tashi delek / losar tashi delek
TSHILUBA tshidimu tshilenga
TSWANA itumelele ngwaga o mosha
TULU posa varshada shubashaya
TURC yeni yiliniz kutlu olsun
TWENTS gluk in'n tuk
UDMURT Vyľ Aren
UKRAINIEN Щасливого Нового Року / З Новим роком (Z novym rokom)
VIETNAMIEN Chúc Mừng Nǎm Mới / Cung Chúc Tân Niên / Cung Chúc Tân Xuân
WALLON ene boune anéye, ene boune sintéye
WALLON (orthographe à betchfessîs) bone annéye / bone annéye èt bone santéye
WOLOF dewenati
XHOSA nyak'omtsha
YIDDISH a gut yohr
ZOULOU unyaka omusha omuhle
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Re: LITTERATURE : Auteurs, Oeuvres, Citations

Message  Admin le Dim 17 Avr - 17:02




Charles IX fut de tous nos rois de France l'un des plus calamiteux.
Roi de France de 1560 à 1574, Charles IX n'aurait sans doute pas laissé un grand souvenir s'il n'avait ordonné, en août 1572, le tristement célèbre massacre de la Saint-Barthélemy - un carnage qui horrifia l'Europe, à l'exception du pape et des Espagnols, prompts à y voir la bienheureuse volonté de Dieu. Charles IX n'avait alors que 22 ans. C'est sa mère, la redoutable Catherine de Médicis, utilisant tout au long de sa vie sa nombreuse progéniture pour assouvir sa soif de pouvoir, qui fut à l'origine de cette décision. Le jeune Charles n'avait ni la cruauté, ni la détermination, ni la force morale d'assumer un crime aussi horrible.
Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses.
Accablé par le poids de sa faute, il sombrera dans une folie qui le conduira en quelques mois à la maladie et à la mort. Jean Teulé raconte cette terrifiante descente aux enfers dans Charly 9, son treizième roman, au titre délibérément irrévérencieux, comme pour faire écho au titre pathétique et sanguinaire de ce piètre souverain.

EXTRAIT DU LIVRE DE JEAN TEULE : CHARLY 9




Un mort ?

Un gentil garçon semblant à peine sorti de l'adolescence - il vient d'avoir vingt-deux ans - écarquille ses grands yeux :

- Quoi ? Vouloir que j'ordonne, pour cette nuit, l'assassinat d'un convalescent surpris en plein sommeil ? Mais vous n'y pensez pas, ma mère ! Et puis quel homme, l'amiral de Coligny que j'appelle "mon père". Jamais je ne scellerai cet édit !

Tout loyal, franc, ouvert du coeur et de la bouche, le garçon, à haute fraise blanche entourant sa gorge jusqu'au menton, s'étonne :

- Comment pouvez-vous venir me réclamer la mort de mon principal conseiller qui déjà hier matin, sortant du Louvre, fut arquebusé dans la rue par un tueur caché derrière du linge séchant à une fenêtre ?.. Il n'est que blessé. Ambroise Paré dit qu'il s'en tirera et je m'en réjouis.

- Pas nous, répond une voix de matrone au fort accent italien. D'autant que c'est ton jeune frère et moi qui avions commandité l'attentat.

- Quoi ? !

Le garçon, d'un naturel aimable et ayant de bonnes dispositions, n'en revient pas. Sous un bouquet de duvet de cygne à sa toque, il tourne lentement la tête vers les six personnages assis côte à côte devant lui. L'un d'eux, vieux gentilhomme vêtu d'une jupe de damas cramoisi, regrette :

- Sire, le seigneur de Maurevert, tueur professionnel mais mal habitué aux armes à feu, voulait faire ça à l'arbalète. Pour plus de sûreté, nous lui avons imposé l'arquebuse. Mal nous en a pris. Au moment du tir, Coligny s'est penché pour réajuster sa mule. Maurevert a manqué sa cible.

Le jeune roi aux joues arrondies hoche la tête d'un air consterné :

- Quand je pense que cet après-midi je suis allé rue de Béthisy, au chevet de l'amiral, lui promettre de faire rechercher et punir les coupables... C'étaient ma mère et mon frère !.. Mais pourquoi avez-vous décidé ça, tous les deux, mamma ?

Mamma, assise juste en face de son rejeton royal, porte autour du cou une immense collerette tuyautée en façon de roue de carrosse. Couverte d'une poudre de riz parfumée, celle-ci enfarine le haut des manches bouillonnées d'une robe noire de veuve. Yeux globuleux et joues molles, les lèvres lippues de la reine mère remuent :

- Charles, écoute-moi... Gaspard Coligny de Châtillon, certes grand amiral de France mais aussi chef du parti protestant, a maintenant trop d'emprise sur toi. Et depuis des semaines, il te presse en secret d'intervenir aux Pays-Bas espagnols sous prétexte que Philippe II y opprime les huguenots.

- Comment le savez-vous puisque c'est en secret ?

- Je le sais. Je sais tout ce qui se dit au Louvre.

- Encore l'escadron volant de vos espionnes, magicienne florentine ?.. sourit le doux roi indulgent.

Catherine de Médicis reprend : "Ton jeune frère Henri - Mes Chers Yeux -..." Charles a un tic à la mâchoire tandis que sa mère poursuit : "... ainsi que ton Conseil qui est ici, les Guise à la tête du parti catholique et moi, ne voulons pas de cette guerre."

- Mère, si des protestants sont maltraités quelque part, il faut sans doute aller les défendre.

- Eh bien non, il ne faut pas !

Elle s'explique :

- Lutter en Flandre contre la très dévote Espagne reviendrait à engager la France du côté des huguenots et à s'attirer la colère du pape.

L'imposante Italienne secoue un éventail à girouette - bâton au bout duquel est collé un petit drapeau fixe décoré de fleurs de lys et qui fait du vent :

- Ma ! Quelle chaleur encore à bientôt dix heures du soir... En tout cas, avant-hier jeudi, au chef protestant, tu as chuchoté que tu prendrais ta décision d'ici lundi.

- Vos espionnes ont l'ouïe fine... reconnaît le roi Charles.

- Tu allais céder à ce Coligny. J'en suis certaine. Alors oui, on a tenté de l'abattre afin qu'il ne te soit plus de mauvais conseil. Mais ça a raté alors on vient te demander l'autorisation de recommencer cette nuit même.

- En voilà bien, tout d'un coup, des scrupules, mamma ! s'amuse le monarque. Vous étiez moins embarrassée, hier vendredi, quand Maurevert avait le doigt sur la gâchette.

- C'est-à-dire que... hésite mamma, pour ce qu'on veut dorénavant accomplir, il nous faut obligatoirement ton autorisation qui a force de loi. Quand Coligny, cette fois-ci, sera exterminé à la hache, il faudrait ensuite aller égorger La Rochefoucauld.

- Foucauld, mon ami ? Lui aussi ?

- Deux morts ?

- Enfin, deux... balance en l'air, du plat de la main, un maréchal en uniforme. Un peu plus, Majesté... car on devra également cogner à l'huis de chez Andelot afin de l'éventrer comme on le fera dans la foulée, pendant qu'on y est, pour quelques autres... Disons les grands chefs protestants. En tout, on devrait arriver à six.

- Six morts ?

Près d'une petite table dans ce cabinet aux poutres dorées et murs alourdis d'allégories alambiquées, le monarque dilate ses pupilles naïves vers le maréchal :

- Mais, sieur de Tavannes, je croyais que, lundi, on avait marié ma catholique soeur Marguerite avec le protestant Henri de Navarre en signe de réconciliation entre les deux religions... Et en fait, ce samedi soir, vous voudriez faire tuer les chefs huguenots venus de la France entière pour assister à la noce ?

- Ben justement, réagit à la gauche du maréchal un gros duc empoudré et encombré de dentelles aux noeuds savants. On s'est dit que, puisque toute l'aristocratie protestante se retrouve providentiellement réunie à Paris, ce serait quand même dommage de ne pas en profiter...

Le garde des Sceaux, écharpe brodée en travers du buste, partage cet avis :

- Nevers a bien raison, Sire. Si vous voulez, c'est comme une opportunité... poursuit-il d'un air léger. Pouvoir en une nuit couper toutes les têtes du dragon de l'hérésie est une chance qu'on ne retrouvera pas de sitôt. Ils sont là. On en tue dix et c'est réglé.

- Dix, René de Birague ? J'avais entendu six.

- Oui, oh, six, dix... Vous chipotez, Majesté ! commente le capitaine de la première compagnie des gentilshommes de la Maison du roi. En tout cas, Sire, pas plus de cent.

- Cent morts ?

Charles, bouche bée, balaie du regard son Conseil aligné. Il en arrive à sa mère qui ne dit rien.

Bras droit accoudé à sa table envahie d'une arbalète et d'un cor de chasse sur des recueils de poésies, d'un filet pour attraper les oiseaux près d'une sonnette à rapace, le jeune roi ne comprend plus rien. Tout l'étonne. Alors que, près du mur, le capitaine s'adresse malignement à lui en termes de chasseur : "Nous tenons la bête dans les toiles. Hâtez-moi d'envoyer les piquiers", Charles contemple derrière le soldat une tapisserie où l'on voit un cerf qui a un oeil bleu. Le roi ne l'avait jamais remarqué. Encore un drôle de truc, ça ! Le souverain se lève.

Grand, mince et étroit d'épaules, ses longues jambes moulées dans des bas blancs vont sur les carreaux de faïence fleurdelisés du sol qui résonne du choc de ses éperons en forme de col de cygne avec une étoile roulante au bout. Descendant à mi-cuisse, sa "trousse" bouffante ressemble à une couche-culotte alors qu'il s'approche de l'intrigante tapisserie.

On peut y admirer un dix-cors bousculé par cinq chiens et même une chienne sautés ensemble sur lui. Un limier lui mord une oreille. D'autres le prennent à la gorge, fouillent vers son ventre, son coeur. Et le cervidé, cinq andouillers sur chacun des bois - à sept ans, c'est jeune pour vivre ça -, lève, de profil, sa tête aux abois vers les nuages. Il a un oeil bleu.

A hauteur de visage du monarque, l'iris tissé est gratté. Charles observe ensuite les particules de laine bleue restées sous son ongle : "Bizarre, ça. Un cerf a toujours l'oeil noir..."

Le roi de France pivote :

- Jamais, je n'ordonnerai ce que vous me réclamez. J'aimerais mieux que mon corps soit traîné dans la boue des rues de Paris !

Cette déclaration solennelle se retrouve suivie d'un ricanement dans le cabinet du souverain :

- Je vous l'avais dit qu'il n'oserait pas. C'est un chapon-maubec !

Celui qui vient de s'exprimer est debout derrière la mère et les membres du Conseil alors ils se retournent tous et lèvent la tête pour voir le roi venir postillonner dans la figure de l'insolent :

- Moi, poltron ? Henri, tu oses me dire ça, toi, le fot-en-cul !

C'est vrai que Henri a un genre... Menton ras, face pâle, geste efféminé, l'oeil d'un Sardanapale, voilà tel qu'il paraît en ce bal. Garni bas et haut de roses et de noeuds, visage de blanc et de rouge empâté, une coiffe en forme de coquillage comme un gros bulot rose sur sa tête, font voir l'idée : en la place d'un prince, une putain fardée. La reine Catherine intervient en mère de famille :

- Charles, laisse donc ton jeune frère à ses goûts et cesse tes jeux réservés à l'enfance !

Mais le roi n'en démord pas contre Henri :

- Cadet, n'oublie pas que tu n'es que duc d'Anjou !

L'autre, se hissant sur la pointe des pieds, car de plus petite taille, et rondelles d'os en boucles d'oreilles, rétorque :

- Qu'à Dieu plaise, si c'est moi qui avais eu un an de plus que toi et non le contraire, le Conseil royal n'aurait pas perdu autant de temps à me convaincre...

Catherine de Médicis - venin florentin - abonde en ce sens :

- Il est vrai, Charles, que Mes Chers Yeux aurait, sans hésiter, eu ce courage. Le connaissant, il aurait déjà deux fois fait passer par le fer les huguenots. Mais lui, c'est Mes Chers Yeux... Son ennemi, il ne l'appelle pas "Mon père".

Le monarque sensible, grosses larmes gonflant ses paupières, réplique : "Je me demande parfois si ce n'est pas celle que j'appelle "Ma mère", mon ennemie..." puis, alors que des chiens se mettent à grogner sous la table, Charles s'encolère après sa génitrice en la tutoyant : "Tu n'aimes que Henri ! Je passe mes jours à te l'entendre louer, à l'admirer. Je règne et c'est lui seul que tu chéris." On sent qu'il souffre beaucoup de cette préférence en faveur d'un frère tellement plus italien, plus Médicis que lui : "Sur l'échiquier politique, je suis le roi mais Anjou et toi ne me considérez que comme un pion ! Tuer les chefs protestants invités à la noce... quelle félonie ! Qui de vous deux a conçu ce plan machiavélique ?"

Sur la table, il s'empare de l'arbalète qu'il lève :

- Et si je vous tirais à tous deux un carreau dans la tête ?

Henri se marre :

- Avec ton courage de brebis ?

Face à l'air hautain et dédaigneux du duc d'Anjou, le roi piteux dépose l'arme et retourne s'asseoir en son royal fauteuil trop large pour lui.

Quoique derrière son dos la fenêtre du cabinet soit grande ouverte sur Paris, oppressé par la moiteur étouffante de cet été - l'air est chaud et lourd, ça sent l'orage -, Charles déboutonne sa fraise et les boutons de nacre du col de sa chemise. Il respire longuement :

- Capitaine Gondi, vous dites cent morts... mais dans les rues où logent des Coligny, Foucauld, Andelot et autres, vivent des voisins, souvent protestants, qui entendraient des cris et accourraient au secours des victimes. Que feriez-vous à ces huguenots-là ?

- On les tuera.

- Certains ont des épouses que vous assassineriez également j'imagine.

- Ah ben oui, quelques femmes aussi peut-être. On ne peut pas savoir.

- Il y aurait des vieillards...

- Ah ça, les vieillards, vous savez, Majesté, dans le noir, on ne voit pas trop l'âge non plus !

-... Et des enfants.

- Des enfants aussi, c'est possible. S'ils sont un peu trop à brailler, accrochés à la chemise de nuit de leur mère, je ne dis pas qu'il est inenvisageable que plusieurs reçoivent pareillement du fer.

Le roi blêmit et tandis que le garde des Sceaux minimise : "Il s'agira quand même de pêcher surtout les gros saumons sans trop s'amuser aux grenouilles...", Charles poursuit ses comptes :

- Ah, mais ça ne ferait pas cent mais mille morts peut-être...

"Peut-être", reconnaît avec désinvolture le duc de Nevers. Tavannes acquiesce.

- Mille morts ?

Le monarque lance mille injures à tous ceux présents dans son cabinet, les appelle assassins.

- Nous ne ferons qu'appliquer vos ordres, Altesse... plaisante le duc d'Anjou dans une profonde révérence de princesse.

Un lévrier s'approche de Charles, pose deux pattes sur ses genoux et lève la tête. Il ouvre sa large gueule et baille tandis que le roi lui gratte gentiment la gorge en regrettant :

- Pourquoi luthériens et papistes ne parviennent-ils pas à danser ensemble ?

- Les réformés ne prient pas Dieu comme les catholiques, rappelle Nevers.

- Et alors ? Ne sont-ils point aussi des chrétiens ?

- Leur façon de s'habiller et de manger est étrange, souligne Birague. Ils ne font pas maigre le vendredi.

- Si c'est leur choix...

Gondi s'enflamme en se signant :

- Que périssent ces choix d'hérétiques ! Et que cette nuit, un roi béni du ciel ose enfin commander d'abattre sa foudre sur les ennemis.

- Oui, mais qui sont ces ennemis ? s'agace Charles. Des Mongols, des Chinois... ? Nous sommes tous du même royaume que je sache. Par des mains de Français, des Français immolés ?

- Dieu attend que vous fassiez la grande lessive, plaide le garde des Sceaux, et qu'à coups de dagues vous...

- Arrêtez ! le coupe Charles. Loin de moi cet avenir horrible. Votre Dieu m'échauffe, me presse, il accable mes sens. J'en ai assez de ce XVIe siècle aux guerres de religion continuelles...

- C'est le malheur des temps qu'il faut en accuser, glousse Anjou. Alors, je sais bien, tu me diras : "La guerre c'est pas beau, la pluie ça mouille et les hommes pourraient être tous des frères..." Ils sont très jolis tes rêves mais il y a aussi la réalité, ricane le cadet.

- De là à détruire tant d'humains... soupire l'aîné.

- Ce ne sont quand même que des protestants, relativise Nevers.

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